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Isabelle Lacourt
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L’urbanisation est une réalité dérangeante. En 2050, 70% de la population vivra dans les villes. La pression sur les systèmes alimentaires en sera augmentée, avec la nécessité de préserver les terres pour la production alimentaire et de gérer des flux alimentaires intenses vers les villes. Parmi les défis, trois paradoxes alimentaires méritent l’attention:
– la malnutrition,
– l’accaparement des terres
– le gaspillage.

Notre engagement en ce qui les concerne doit aller de pair avec la nécessité de nous adapter au changements climatiques en cours , tout en oeuvrant pour leur réduction, y compris en cessant le gaspillage des ressources non renouvelables…

Il est temps de remettre en question les logiques qui ont porté à une telle situation et en particulier celle de la technologie toute-puissante. La transition nous invite à évoluer au niveau individuel et collectif, du dualisme vers l’intégration.

Ceci concerne de nombreux aspects tels que urbain/rural, production/consommation, global/local, hygiène/développement durable etc.

Dans le cas de l’agriculture, la modernisation a été principalement basée sur la chimie et la physique en mettant l’accent sur la mécanisation et les intrants chimiques. La réflexion sur l’agro-écologie offre de nombreuses indications sur la manière de renverser cette tendance, en commençant par restituer aux agriculteurs un rôle « d’intendants de la terre et de la vie« , plutôt que d’exploitants.

Il est nécessaire de reconnaître la valeur des fermes de petite taille et de les pérenniser face au développement des monocultures intensives. Comme cela a été reporté en session plénière :

Les paysans chinois nourrissent 22% de la population mondiale avec seulement 7% des terres arables. Ce cas concret chinois montre qu’une agriculture à petite échelle est possible.

Si l’on cherche des solutions, alors il faut aussi comprendre que l’alimentation n’est pas seulement source d’inquiétude car c’est aussi un levier d’action et d’amélioration dans des domaines liés à la gestion environnementale et le renforcement de la résilience, l’impulsion de dynamiques locales pour l’innovation sociale.

Dans une telle situation en évolution, la société civile a un rôle à jouer, comme espace d’innovation et vecteur de transition vers des systèmes alimentaires durables. Pour utiliser au mieux ce mouvement, les futurs modèles de gouvernance doivent intégrer les aspirations de la société civile et  faciliter sa capacité d’innovation par la base. Dans ce contexte, les « food policy councils » peuvent être considérés comme l’une des innovations plus éminentes et rapides de cette décennie.

 

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